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Trois entreprises qui permettaient de nager avec des dauphins condamnées

Publié le
31/1/2023

Trois entreprises, situées à Mandelieu-la-Napoule et à Antibes, ont été condamnées à la fin du mois de janvier 2023 par le tribunal correctionnel de Grasse pour perturbation d'une espèce protégée et pour pratique commerciale trompeuse, comme le rapporte le site d'informations 20 Minutes. Les entreprises proposaient à leurs clients de nager avec les dauphins en Méditerranée, moyennant 300 euros par personne et par journée.

Les animaux étaient préalablement repérés par des ULM, puis les clients étaient emmenés sur les lieux, où ils pouvaient ensuite se jeter parmi les cétacés. Or, depuis 2021, il est formellement interdit de s'approcher à moins de 100 mètres d'un dauphin et de se mêler à son groupe. Certains bateaux n'hésitaient pas à s'approcher à moins de cinq mètres des animaux.

Les exploitants se défendaient pourtant de perturber les dauphins. L'un d'eux a déclaré :

Ce ne sont pas les bateaux qui viennent vers les dauphins, mais les dauphins qui depuis toujours viennent à la rencontre des bateaux. Le sillage des bateaux attire les dauphins comme une ligne électrique attire les hirondelles.
Trois entreprises ont été condamnées pour avoir laissé leurs clients nager avec des dauphins. (Illustration : Pixabay)

Pour l'association France Nature Environnement (FNE), qui s'est constituée partie civile, l'argument ne tient pas :

L’argument ne manque pas d’audace quand on sait [qu’ils] faisaient appel aux services d’un avion, volant au ras de l’eau pour repérer les cétacés. Ils mettaient également de la musique pour attirer les globicéphales et faisaient des manœuvres pour inciter les dauphins à jouer dans les vagues.

Les entreprises ont finalement été condamnées à des amendes allant de 4 500 à 13 500 euros. En revanche, le tribunal n'a pas retenu la confiscation des bateaux ni la peine de trois mois de prison avec sursis, qui avaient été demandées lors d'une première audience, en décembre 2022, par le procureur de la République. Les entreprises devront également verser en tout 4 500 de dommages et intérêts à la FNE. Celle-ci conclut :

Nous nous félicitons de ce jugement qui conforte nos actions en faveur de la biodiversité de la Méditerranée. Ces espèces sont soumises à de plus en plus de pressions et sont fréquemment perturbées dans leur milieu naturel. La façade méditerranéenne est déjà fortement impactée par les nombreux bateaux de plaisance en période estivale, qui engendrent des risques de collisions et des nuisances sonores.