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Loup : les associations en colère après les déclarations du ministre de l'Agriculture

Publié le
2/11/2022

Les associations de défense du loup sont vent debout après les déclarations polémiques du ministre de l'Agriculture, Marc Fesnau. Celui-ci, en déplacement au Super-Comice de Pontarlier (Doubs) à la fin du mois d'octobre 2022, a en effet déclaré, comme le rapporte le site d'informations France Bleu :

Aujourd’hui, l’espèce menacée, c’est plutôt l’éleveur que le loup dans ces territoires, et donc on a besoin de protéger les éleveurs.

Tout en pointant du doigt ceux qu'il surnomme les "yaqu’àfautqu’onistes" :

Les gens qui sont dans des positions radicales : y a rien à faire, c’est facile de protéger les bovins.

Difficile, pour les associations, de ne pas se sentir visées, elles qui militent pour des efforts de cohabitation entre le loup et les éleveurs – alors que ces derniers réclament des mesures beaucoup plus radicales et définitives contre les loups.

Le ministre de l'Agriculture appelle à soutenir les éleveurs face au loup (Source : Pixabay)

Les associations Férus, France Nature Environnement et le Pôle Grands Prédateurs ont publié un communiqué à la suite des propos du ministre :

Merci Monsieur le Ministre, de permettre aux « associations qui viennent attiser la colère des agriculteurs » de vous répondre : nous sommes, pour la grande majorité, des bénévoles, des habitants de ce territoire que vous dites protéger [...] Nous ne souhaitons la colère de personne. Simplement un débat démocratique.

Lors du Super-Comice, Marc Fesneau a expliqué qu'il était impossible de protéger tous les troupeaux face aux loups, alors que les attaques se multiplient. À la fin du mois d'octobre, un loup a été tué dans le Doubs, dans le cadre d'un tir de défense. Natacha Bigan, membre de Férus, répond :

Il ne s'agit pas de clôturer l'ensemble du massif jurassien, il faut des moyens de protection sur les animaux vulnérables en priorité et non sur la totalité des troupeaux, il faut se pencher sur le fond.

Les associations critiquent aussi fortement les tirs de défense, dont l'efficacité n'a jamais été prouvée. Elles concluent :

Nous ne cesserons pas d’appeler les éleveurs à participer à des échanges, certains nous ouvriront leurs portes pendant que d’autres les claqueront. Ce qui est certain c’est que claquer les portes ne peut être le comportement d’un ministre.
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