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Lancement d'un référendum pour les animaux

Publié le
22/7/2020

Un grand référendum pour les animaux a été lancé à l'initiative de plusieurs associations de défense des animaux et de personnalités, unies dans la lutte contre la maltraitance sous toutes ces formes. Ce référendum de grande ampleur est un RIP, un référendum d'initiative partagée.Le principe du référendum d'initiative partagée est d'associer "le corps électoral à une proposition de loi", afin de provoquer, si les seuils sont atteints (un cinquième des parlementaires et un dixième des électeurs), un examen de la loi par le Parlement ou un référendum à l'échelle nationale. À ce jour, le RIP n'a été utilisé qu'une seule fois, en 2019, pour lutter contre la privatisation des aéroports de Paris, sans succès.Ce nouveau référendum pour les animaux, initié le 2 juillet, a déjà recueilli plus de 350 000 participations, sur les 4,7 millions nécessaires pour être recevable. Il a cependant déjà le soutien de 185 parlementaires, ce qui satisfait le quota demandé côté Parlement.[embed]https://www.youtube.com/watch?v=lvpzJiSBQyk&feature=emb_title[/embed]Le référendum pour les animaux s'articule autour de six mesures phares : interdiction de l'élevage en cage, interdiction des élevages à fourrure, interdiction de l'élevage intensif, interdiction de la chasse à courre, de déterrage et des chasses traditionnelles, interdiction des spectacles avec animaux sauvages et fin de l'expérimentation animale. Vous pouvez participer en cliquant dès maintenant ici.De très nombreuses personnalités ont déjà apporté leur soutien au référendum. Parmi elles, Hugo Clément, Juliette Binoche, Nagui, Sheila, Rémi Gaillard ou encore Nicolas Sirkis. Au rang des associations engagées, on compte notamment One Voice, la SPA, la Fondation 30 Millions d'Amis, l'association L214 et la Sea Shepherd.Mais ce RIP n'est pas au goût de tout le monde, et le président des chasseurs, Willy Schraen – par ailleurs récemment reçu par la Ministre de la Transition écologique – a fait savoir son mécontentement. Dans une lettre adressée aux parlementaires, il dénonce la prise pour cible de la ruralité et le risque de déstabilisation des valeurs partagées par les chasseurs :

Les femmes et les hommes ayant construit leur vie sur les valeurs cardinales du bon sens et de la transmission rurale, se retrouveraient dans une situation de déstabilisation sociale et passionnelle, qui ne peut conduire qu’à des réflexes de colère pour la survie légitime de leurs précieux héritages ancestraux. Ils sont nos indiens français, protégeons-les même s’ils ne vivent pas en Amazonie…

Willy Schraen défend également l'élevage et les agriculteurs, affirmant que ces derniers ont déjà pris des mesures pour moderniser leurs exploitations. Le président des chasseurs reprend point par point les propositions du référendum afin de les dénoncer. Sur la recherche scientifique, notamment, il estime que les tests sur les animaux sont une nécessité afin de faire avancer le progrès médical.

Source : DR

Willy Schraen s'attaque également sur le fond : à ses yeux, la démarche du RIP est dangereuse.

Si dorénavant, une majorité devait porter atteinte directement à une minorité par un argumentaire émotionnel ciselé, ce sont les principes mêmes de la cohésion sociale de ce pays qui ne tarderaient pas à voler en éclats sous votre bienveillance. A ce petit jeu, nous serons tous un jour minoritaire des autres.

Pourtant, la condition animale est un sujet qui préoccupe une très grande majorité de Français. Beaucoup d'entre eux se sont d'ailleurs prononcés contre la chasse. Selon un sondage IPSOS datant de 2018, 84 % d'entre eux estimaient la chasse dangereuse. 82 % d'entre eux réclamaient même son interdiction pure et simple. 82 % des Français se prononçaient aussi contre la chasse à courre. Il semblerait donc que sur les sujets de bien-être animal, un très grande majorité de la population français soit au diapason...