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Kiska, l'orque solitaire captive, décède au Canada

Publié le
21/3/2023

Kiska, souvent décrite comme "l'orque la plus seule du monde", a rendu son dernier souffle le 9 mars après plus de quatre décennies passées en captivité. D'après les informations de Radio Canada, l'orque a été capturée en 1979 dans les eaux islandaises à l'âge de trois ans. Depuis plus de douze ans, elle résidait dans un parc Marineland situé à Niagara Falls, dans la province de l'Ontario au Canada.

Kiska avait partagé la compagnie de Keiko, l'orque rendue célèbre par le film Sauvez Willy, lorsqu'ils étaient tous deux en Islande. Cependant, elle vivait en solitaire depuis 2011, alors que les orques ont pour habitude de vivre en groupe tout au long de leur existence. Cette solitude a été extrêmement pesante pour la femelle qui présentait des troubles du comportement causés en partie par l'ennui, le stress et le manque d'interactions avec ses semblables.

Un incident avait particulièrement choqué les défenseurs des animaux et suscité l'émoi dans le monde entier. En 2021, l'ancien dresseur de mammifères marins au Marineland avait filmé Kiska se frappant la tête contre les vitres de son bassin. Des associations de protection animale s'étaient alors mobilisées pour réclamer la libération de l'orque. Plus récemment, en janvier dernier, l'association UrgenSeas a publié une vidéo montrant l'animal tournant en rond dans son bassin.

Kiska a donné naissance à cinq petits durant sa captivité, mais tous sont morts prématurément. Suite à l'annonce de son décès, Carly Ferguson, présidente d'Ontario Captive Animal Watch, a déploré dans un communiqué relayé par CBS que l'orque ait été contrainte de voir mourir ses cinq bébés sans avoir la possibilité de faire son deuil. Elle regrette également que le parc ait laissé vivre l'animal dans de telles conditions et que le gouvernement ne soit pas intervenu.

Philip Demers, ancien employé de Marineland, a déclaré, quant à lui, que la vie de Kiska a été complètement détruite et que cela est inexcusable. Il espère qu'un tel drame ne se reproduira plus jamais. Des associations demandent que les résultats de l'autopsie de Kiska soient rendus publics et qu'une action en justice soit engagée contre Marineland.

En France, la détention d'orques en captivité est désormais interdite. Au Canada, un projet de loi en ce sens devrait bientôt être adopté. Selon la Whale and Dolphin Conservation, il y aurait au moins 55 orques en captivité dans les parcs marins du monde entier. Les parcs américains SeaWorld détiennent le triste record en la matière.

Ce drame met en lumière les problématiques liées à la captivité des orques. Les conditions de vie des animaux dans les parcs marins soulèvent de nombreuses questions éthiques. Les orques, en particulier, sont des animaux sociaux qui souffrent énormément de l'isolement et de l'enfermement dans des espaces restreints. Les conséquences de la captivité sur leur santé mentale et physique sont indéniables et appellent à une prise de conscience collective pour améliorer leur sort et envisager des alternatives plus respectueuses de leur bien-être.

Des solutions comme les sanctuaires marins pour les cétacés offrent une alternative éthique et viable à la captivité. Ces espaces permettent aux animaux de vivre dans un environnement naturel plus vaste, tout en bénéficiant de soins et de surveillance. De plus, ils contribuent à la sensibilisation du public sur la protection des espèces marines sans leur infliger de souffrances inutiles.

Le décès de Kiska rappelle que la captivité des orques nécessite une action concertée de la part des gouvernements, des organisations de protection animale, des chercheurs et du public. Ensemble, il est possible de mettre fin à ces pratiques et de bâtir un avenir plus respectueux et harmonieux pour les orques et les autres espèces marines.

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